19/05/2007

Candide

Au Théâtre du Parc on donne Candide de Monsieur de Voltaire.

 

La pièces est une lecture mise en scène du texte de Voltaire, un conte philosophique et satirique, mais bien imagée, avec des acteurs en forme.

Jean-Claude Frison joue Voltaire avec excellence, le décor simplissime fonctionne à merveille.

L’humour était dans le texte, dans la mise en scène, dans le décors, dans le jeux, dans la musique.

Très plaisante soirée malgré quelques longueurs.

JP.

vincent_vanderbeeken_et_jean_claude_frison_2

Jean-Claude Frison et "Candide"

1_vincent_vanderbeeken_et_stephanie_blanchoud

 

 

v_groupe

"Pirates" en technicolor et soundsorounding

Candide

Comédie de Voltaire (F) - Version scénique : Jean-Claude Idée

Réservez

Mise en scène: Jean-Claude Idée.

Assistanat: Catherine Couchard.

Décors et costumes: Serge Daems.

Avec:
Vincent Vanderbeeken  (Candide)
Jean-Claude Frison  (Voltaire)
Stéphanie Blanchoud  (Cunégonde, ...)
Alexandre von Sivers  (Le frère Adam, ...)
Frederik Haugness  (Wagnière, ...)
Bruno Georis  (Le Baron, ...)
Laurent d'Elia  (L'esclave noir, ...)
Céline Bonaventure  (Paquette, ...)
Olivier Cuvellier  (Le frère de Cunégonde, ...)
Marie-Hélène Remacle  (Madame Denis, ...)
Benoît Verhaert  (Cacambo, ...)
Marc De Roy  (L'ouvrier chef, ...)
Michel Poncelet  (Pangloss, ...)
Catherine Decrolier  (Melle Corneille, ...)

"Dans le château de Thunder-ten-Thronckh…"
Ainsi commence le roman le plus purement satirique jamais écrit. Ce monument des Lumières est à lui seul un amoncellement d’aventures commentées par un esprit d’une incroyable actualité, d’une acuité qui force l’admiration à tout instant.

 

Candide [Saison 2006-2007]

Commentaire du metteur en scène.

Tous les jours, devant les actualités à la télévision, le spectacle de la violence chaotique du monde nous heurte, nous afflige.
Il y a, bien sûr, le lot des tragédies qui sont la conséquence des conflits humains : guerres politiques, civiles ou religieuses, meurtres, viols, vols, intrigues, injustices, dépravations, pollutions, etc...
Bien que navrantes, toutes ces catastrophes quotidiennes sont explicables puisqu’elles sont le fruit de la bêtise humaine. Nous arrivons donc à les admettre sans trop d’angoisses, et nous cherchons vaguement à y remédier. Mais les tsunamis, la grippe aviaire, le sida, les tremblements de terre, etc., génèrent une angoisse beaucoup plus forte car ils nous font douter que le monde ait un sens, ils nous placent devant l’absurdité, l’irrationalité des choses, ou la méchanceté de Dieu.
Chacun d’entre nous, face à l’univers, est comme le Candide de Voltaire, un enfant naïf qui s’étonne et cherche à donner des raisons d’être à ce “Formidable Bordel” qu’est le réel.
La tentation de tout justifier pour se rassurer nous assaille et bien des fanatismes naissent de la recherche d’un confort mental.
Alors, on proclame avec Pangloss : “Les choses sont ce qu’elles doivent être car c’est leur raison d’être, et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles !”
Dès que l’on a justifié le monde par une doctrine, on est tenté de l’imposer à la terre entière pour supprimer toute lecture alternative du réel, car y a-t-il encore une vérité s’il faut admettre qu’il peut y en avoir plusieurs ?
Candide mettra toute une vie pour comprendre que le bonheur ne réside pas dans le fait d’imposer au monde une philosophie générale, mais de s’imposer à soi-même une éthique personnelle particulière.
“Il faut savoir cultiver son jardin” conclura Candide. Il faut se résigner à la modestie.
Nous ne mourrons pas en ayant compris le Grand Tout. Bien heureux si nous mourons en nous étant compris nous-mêmes !
La leçon du Candide de Voltaire reste d’une totale actualité car la parabole qu’il propose est éternelle. Et l’optimisme, sa profession de foi.

Candide est un texte de la maturité de Voltaire. Il coïncide dans son écriture avec le Dictionnaire Philosophique et l’Affaire Calas.
Voltaire ayant fuit la Prusse et la colère de Frédéric II, est interdit de séjour en France. Il s’est réfugié en Suisse. Nous sommes en ± 1760, peu de temps après l’épouvantable tremblement de terre de Lisbonne (1755), qui a frappé tous les esprits, et particulièrement Voltaire.
Apôtre du libre arbitre, Voltaire s’en prend à la philosophie quiétiste de Leibniz.
“Tout est pour le mieux...”. Il croit qu’il faut agir, et paradoxalement combattre pour la paix, la tolérance et la justice. Il se démène, entretient une correspondance serrée avec l’Europe entière des beaux esprits, il est la lumière des Lumières.
Mais à l’époque, il est surtout célèbre pour son théâtre (aujourd’hui méconnu).
Il est en effet l’auteur de nombreuses pièces en tous genres. C’est un fou de théâtre qui se tient avec ferveur au courant de toutes les actualités théâtreuses de ce Paris dont il est exilé. C’est très frustrant pour lui !
Alors il compense. Puisqu’il ne peut pas aller au théâtre à Paris, le public parisien viendra chez lui : il invente un théâtre à Fernay, équipe une salle chez lui, recrute des acteurs parmi ses amis et son personnel, fait répéter son petit monde. Metteur en scène, auteur, acteur, il écrit, adapte des textes, puis le spectacle à peine prêt, il lance des invitations et ce sont de longues processions de mondains qui serpentent sur les routes du Jura, pour avoir l’honneur d’assister à cet événement : une représentation chez Voltaire. Etre dans les happy few, c’est le must !

C’est ce plaisir rare que les spectateurs du Théâtre Royal du Parc pourront partager, puisqu’ils verront Voltaire distribuer, répéter et représenter Candide dans sa propre adaptation (qui n’a sans doute jamais existé).

Quant à l’intrigue de Candide, chacun la connaît. Il s’agit des aventures picaresques et calamiteuses d’un philosophe naïf à l’optimisme insubmersible.
Il parcourt la folie du monde, d’Europe jusqu’en Amérique, pour venir s’échouer enfin en Turquie. Au fil des ans, il sera en but à tous les dangers, subira tous les châtiments corporels possibles, assistera à toutes les injustices, tous les massacres, toutes les catastrophes. De l’esclavage aux guerres de religions, en passant par les plus tristes excès des perversions humaines et le déchaînement des pires calamités, le spectacle pantelant du monde lui sera offert. Mais Candide gardera à travers tout cet irrémédiable optimisme qui, tare ou vertu, est la force qui nous soulève chaque matin et pousse toujours plus loin l’humanité sous prétexte que “ça ira mieux demain” !

- Jean-Claude Idée -

 

Ici le texte de Candide

http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?candide3

 

 

16:54 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : theatre |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.